Peine d'inéligibilité : qu'est-il reproché à Marine Le Pen ?

Marine Le Pen est condamnée à 4 ans de prison, dont deux ferme, 100 000 euros d’amende et 5 ans d'inéligibilité, ce qui compromet sa participation aux prochaines présidentielles.
Pourquoi on en parle ? L’ex-présidente du Rassemblement National (RN) a, selon le tribunal, joué un rôle central dans le système complexe qui aurait été mis en place par le parti pour détourner des fonds.
Dans les faits : L’accusation reproche plusieurs choses à M. Le Pen :
- D’avoir embauché 4 assistants fictifs alors qu’elle était eurodéputée entre 2004 et 2017, qui auraient en réalité travaillé pour le RN et non le Parlement européen qui, pourtant, les rémunérait.
- D’avoir détourné des fonds versés par l’UE vers son parti entre 2004 et 2016 en utilisant des enveloppes mensuelles destinées aux dépenses des eurodéputés. Un système qui aurait été mis en place à l’époque de son père, J-M. Le Pen.
- Concrètement, pour économiser de l’argent, M. Le Pen aurait demandé à ses élus européens de n’embaucher qu’un seul assistant et de laisser le reste de leur enveloppe parlementaire au parti.
Le parlement européen évalue le préjudice en termes de détournements de fonds publics à 6,8 millions d’euros.
Rappel : le RN est historiquement très endetté. Depuis 2019, il a presque toujours emprunté de l’argent, plutôt à ses électeurs qu’aux banques frileuses, pour financer ses campagnes. Les prêts, de 500 euros minimum, sont remboursés entre 1 et 3 ans et avec 5 % d’intérêts. Fin 2023, le RN affichait 16,2 millions de pertes.
- À noter : Depuis les dernières élections législatives, le RN bénéficie d’un financement public 30% + élevé qu’avant, puisque le parti a plus de députés. Le financement passe donc de 10,2 à 13,3 millions d’euros annuels.
- En plus de la peine infligée à M. Le Pen, le RN a été condamné à 2 millions d’euros d’amende, dont 1 million ferme, et 1 million saisis pendant l’enquête ont été confisqués.
Bref. Dans 6 mois, M. Le Pen pourra encore déposer une requête au tribunal et tenter de faire sauter son inéligibilité, et elle a annoncé faire appel en espérant que sa peine soit revue avant les présidentielles de 2027.