L'agence de notation Fitch maintient la note de la France à "AA-" avec une perspective négative

Double victoire pour la France : un sacre au Tournoi des Six Nations et un sursis surprise côté finances, avec l’agence de notation Fitch qui maintient sa note AA-.
Pourquoi on en parle ? En octobre dernier, Fitch avait maintenu la note AA-, et placé la France sous perspective négative. Tout le monde s’attendait donc à ce que l’agence dégrade la note de la France cette fois-ci, et ce verdict était attendu puisqu’il aurait pu mettre le gouvernement en difficulté.
Dans les faits : Jusque-là, les dégradations de notes de la France ont eu peu d’impact puisque les obligations (titres de dettes de la France) s’arrachent toujours sur les marchés.
Mais si Fitch avait abaissé la note de la France à A+, les investisseurs institutionnels (banques, compagnies d’assurances, etc), qui sont soumis à des règles qui leur interdisent d’acheter des titres appartenant à cette catégorie de notation, auraient été contraints de se délester de leurs obligations françaises. Et cette vente massive aurait pu encore exploser le taux d’emprunt du pays.
- Sans compter que le taux d’emprunt sur trente ans a quasiment atteint les 4,2%, son niveau le plus élevé depuis 2011 à cause des inquiétudes liées à la guerre commerciale. Plus les taux montent, plus la France paie cher pour se financer, compliquant encore plus la réduction de la dette.
Un peu de recul. Fitch justifie sa décision en citant l’économie “vaste et diversifiée”, les “institutions fortes et efficaces”, et une dette publique très liquide, attirant toujours les investisseurs. Malgré tout, cette décision semble relever du miracle…
- Le déficit public s’élève à 3 303 milliards d’euros soit 113,7 % du PIB.
- Prévu à 6 % du PIB en 2024, le déficit budgétaire devrait baisser à 5,4 % en 2025, mais reste supérieur à celui d’autres pays européens mieux notés.
- Le taux d’emprunt français à 10 ans a grimpé à 3,56 %, contre 2,6 % fin 2023, signe d’une perte de confiance des investisseurs.
- La hausse des dépenses de défense en Europe et la menace de barrières douanières risquent d’affecter encore plus les finances publiques.
Bref. Malgré ce répit accordé à la France, Fitch maintient sa perspective négative. La France doit réussir à limiter le déficit public à 5,4 % du PIB malgré toutes les galères, mais Fitch l’anticipe à 5,5 % en 2025.