D. Trump impose des droits de douane de 20 % sur les produits européens. Et maintenant ?

Après les avoir teasés pendant des semaines, D. Trump a enfin présenté sa (très longue) liste de droits de douane façon “Juste Prix” ce mercredi 2 avril.
Dans les faits : ces taxes sont censées refléter le niveau de « barrières commerciales » déjà imposées aux produits américains. L’administration Trump s’appuie sur une étude maison pour établir cette "réciprocité gentille".
- Le détail des droits de douane réciproques par pays tient sur deux pages. Parmi les plus importants : un tarif universel de 10% sur toutes les importations, suivi d’une pluie de surtaxes ciblées – 49% sur le Cambodge, 46% sur le Vietnam, 34% sur la Chine (en plus des 20% déjà existants) ou encore 20% sur l’UE. C’est l’escalade tarifaire la plus brutale depuis près d’un siècle.
En réponse…
- L’UE promet une riposte coordonnée d’ici fin avril, avec une première salve dès mi-avril sur l’acier et l’alu.
- L’Allemagne appelle à garder « la tête froide », pour éviter l’escalade.
- Le Royaume-Uni et la Suisse restent prudents, mais vigilants.
- L’Italie et l’Australie condamnent des mesures jugées « injustifiées ».
Concrètement, selon Dan Ives de Wedbush sur CNBC, c’est pire que le pire scénario envisagé par les marchés qui espéraient un plafond à 10 %. Résultat:
- Les futures sur l’ETF S&P 500 ont chuté de 2,5 % dans la foulée, effaçant plus de 1 500 milliards de dollars de capitalisation en 3 heures.
- Le dollar chute de 1% face à l'euro
- L’or, valeur refuge, est dépassé la barre des 3 200 dollars pour la première fois de l'histoire
- L’UE et la Chine promettent des ripostes
- La guerre commerciale pourrait s’accélérer, dans un contexte déjà marqué par des chaînes d’approvisionnement perturbées, une accélération de l’inflation et la formation de nouvelles alliances excluant les États-Unis.
Un peu de recul. Le point positif avec ces droits de douane imposés à tous, c’est que les États-Unis se retrouvent seuls contre tous. En parallèle, les consommateurs américains pourraient aussi craquer puisque les effets négatifs pourraient se faire sentir vite, alors que les promesses d’un retour à l’âge d’or des USA prendrait des années.
De son côté, l’UE doit répondre, mais elle n’a pas intérêt à jouer la carte de la guerre commerciale.
- À noter : Malgré tout, la commission prépare aussi un menu de négociations potentielles pour calmer le jeu si D. Trump fait machine arrière, ce qui est loin d’être improbable.
Bref. “Toutes les options sont sur la table” a déclaré U. Von Der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui prépare les première contre-mesures pour mi-avril. Et cette fois, il ne s’agit pas seulement de répondre coup pour coup : l’UE n’écarte pas le tacle sur les services, les grandes banques et la tech. N’oublions pas non plus que les GAFAM font 25 % de leur chiffre d'affaires en Europe, donc autant dire que les menaces européennes ne sont pas que symboliques. Affaire à suivre…