Sommet de Londres : ce qu'il faut retenir

Keir Starmer/X
Publié le
2/3/2025

Après l’échange très tendu vendredi entre V. Zelensky et D. Trump, les dirigeants européens se sont réunis hier à Londres pour tenter de trouver une solution.



Pourquoi on en parle ? Cet échange a confirmé ce que l’Europe redoutait le plus : elle devra bien affronter la Russie sans le soutien des États-Unis, pilier de l'OTAN.



Flashback : En 1949, les Américains et leurs alliés européens signent le Traité de l’Atlantique Nord (qui donne naissance à l'OTAN) pour se protéger mutuellement. Aujourd’hui, D. Trump menace de s'en retirer puisque les Européens ne contribuent pas assez à la défense commune : la plupart des pays, dont la France, dépensent moins de 2% de leur PIB dans la Défense de l'OTAN, quand ce seuil atteint les 3,5% côté américain.



Et maintenant ? L’Europe doit assumer ses responsabilités pour trouver un accord de paix en Ukraine. À l'occasion du sommet de Londres, certaines annonces ont été faites :

  • K. Starmer (premier ministre du Royaume-Uni) veut muscler la défense britannique, avec une hausse du budget militaire à 2,5% du PIB.

  • E. Macron demande une "trêve dans les airs, sur les mers et les infrastructures énergétiques" qui durerait un mois.

  • Londres, Paris et Berlin travaillent sur un plan pour “cesser les combats” et offrir une porte de sortie à D. Trump.

  • Londres et Kiev ont signé un accord de prêt de 2,74 milliards d’euros.

  • Plutôt que d’attendre un consensus lent de l’UE à 27, K. Starmer pousse pour une “coalition volontaire” de pays prêts à mettre la main à la poche et prendre des risques - dont font partie la France, l'Italie ou la Finlande.

Mais l’Europe peut-elle prendre le relais ? Le débat du moment porte sur le dispositif nucléaire français (seul pays de l’UE à disposer de l’arme atomique). Concrètement, le but serait de partager ce bouclier nucléaire français à toute l’Europe et donc de créer un parapluie français pour remplacer celui des Américains.

Un peu de recul. L’Europe ne peut pas tourner le dos aux USA : sans leur puissance militaire et leur poids stratégique, toute initiative reste bancale. L’Europe est donc prête à prendre la tête du jeu diplomatique, mais elle a besoin que D. Trump reste (au moins un peu) dans la partie. K. Starmer et E. Macron veulent proposer un accord de paix à D. Trump, après l’avoir négocié avec Zelensky.

Bref. Un divorce stratégique entre l’Europe et les États-Unis serait une aubaine pour la Russie et une catastrophe pour la sécurité européenne. Un nouveau sommet est déjà prévu ce jeudi : le Conseil européen discutera d’un financement de 20 milliards d’euros pour l’Ukraine. L’Europe pourrait aussi assouplir ses règles budgétaires pour permettre aux États d’investir massivement dans la défense.