Les appels au boycott des produits américains se multiplient au Canada et en Europe. Mais quel est leur impact réel ?

Andrii Kordis/Unsplash
Publié le
5/3/2025

Un mouvement de boycott est en train d’émerger en ce moment en Europe, avec les produits américains en ligne de mire.

Comment en est-on arrivé là ? Après l’augmentation des droits de douane sur les produits canadiens par D. Trump, le Premier ministre J. Trudeau a appelé ses concitoyens à “choisir le Canada” et mettre les produits américains de côté. Son appel a été entendu jusqu’en Europe et où il se diffuse avec le #BoycottUSA.



Dans les faits : En Europe, le mouvement a d’abord émergé dans les pays nordiques. La semaine dernière, l’entreprise norvégienne Haltbakk Bunker, plus gros fournisseur de fioul, a déclaré qu’il ne ravitaillerait plus les bateaux de la marine US.

  • Résultat : Des répercussions sont à prévoir aux États-Unis. Rien qu’au niveau du tourisme, l’US Travel Association anticipe des pertes de 2,1 milliards de dollars.

  • Mais les premières touchées en janvier dernier ont été les ventes européennes de Tesla (la corrélation entre le boycott et la chute des ventes est avancée par certains).

Aujourd’hui, des milliers de consommateurs se réunissent sur des groupes Facebook pour trouver des alternatives. Rien qu’en France, ils sont près de 10 000 sur la page “Boycott USA : achetez français !”.



Un peu de recul. Si l’idée séduit en théorie, en pratique, il est très difficile, voire impossible, de se passer des produits américains. Selon la Direction générale du Trésor, les importations américaines en France ont pesé ≈ 52 milliards d’euros en 2023, ce qui fait des USA notre 5ème fournisseur.

  • Surtout, beaucoup de grandes marques américaines fabriquent sur place leurs produits vendus en France. En 2021, plus de 4 600 entreprises américaines employaient ≈ 480 000 personnes dans l’Hexagone. Pour rappel, certaines marques, françaises ou européennes à l’origine, sont en réalité passées sous pavillon américain comme Lu ou Milka.

Bref. Donner la priorité au made in France pour assurer notre souveraineté économique séduit sur le papier. Pour certaines marques, ce sera moins compliqué que pour d’autres : acheter du Kiri à la place du Philadelphia, c’est faisable. Convaincre les Européens de lâcher leurs iPhones et de retourner au finlandais Nokia, le sera moins.