Droits de douane : les calculs ne sont pas bons

WhiteHouse/X
Publié le
3/4/2025

L’administration Trump a annoncé une salve de droits de douane dits “réciproques” envers tous les pays, allant de 10 à 54%. Mais d’où viennent ces chiffres ? Pas d’un mathématicien.

Dans les faits : La Maison-Blanche a publié un document qui détaille la manière dont les droits de douane ont été calculés pour chaque pays, “comme le taux tarifaire nécessaire pour équilibrer les déficits commerciaux bilatéraux entre les Etats-Unis et chacun de ses partenaires commerciaux”.



La méthode de calcul ? A priori assez simple : le déficit commercial américain envers un pays est divisé par ses importations venant de ce pays, le tout multiplié par 1000 (pour obtenir un %) puis par deux, pour faire preuve de « gentillesse ».

  • « Cette approche est tellement pleine d’erreurs qu’il est difficile de savoir où commencer », a estimé le prix Nobel d’économie Paul Krugman. Par exemple, ce calcul ne prend en compte que les biens échangés, oubliant les services.

Résultat : Selon ces critères, D. Trump accuse l’UE de taxer les produits américains à hauteur de 39%, quand la Commission européenne parle plutôt de 4%. Cette formule est donc loin de faire l’unanimité.



La réponse ? L'UE ne va pas se laisser faire, France et Allemagne en tête. Elles font pression pour une réponse + agressive grâce à l’instrument anti-coercition de l’UE - son arme fatale. Le but : cibler les géants de la tech et les services bancaires américains à coups de taxes et de réglementations encore plus strictes.

  • De son côté, E. Macron a réuni les chefs d’entreprises des filières les plus exposées aux nouvelles taxes et a appelé l'Europe à accélérer la réindustrialisation. Il demande aux entreprises françaises de mettre en pause leurs investissements aux États-Unis (oui oui CMA CGM, c'est de vous et de vos 20 milliards dont on parle).

Bref. Le Président a aussi alerté sur les conséquences des flux d’exportations en provenance de l’Asie, dont certains pays sont particulièrement touchés par les droits de douane de Trump, et qui risquent de se voir redirigés vers l’Europe, soit une nouvelle concurrence à prévoir.