Le livre qui embarrasse Meta

Brett Jordan/Unsplash
Publié le
17/3/2025

Une ancienne directrice des affaires publiques chez Meta vient de publier un livre, “Careless People”, particulièrement accablant envers le groupe qui fait tout pour contrôler les dégâts.



Pourquoi on en parle ? Meta s’est récemment tourné vers la justice pour faire interdire la promotion du livre à cause du non-respect d’une clause de non-dénigrement signée par l’auteure. Mais à force de vouloir empêcher la promo, le groupe n’a fait qu’attirer l’attention sur l’ouvrage, 4e des ventes sur Amazon. Et les accusations qu’il contient pourraient réellement nuire à l’image du géant.



Contexte : Contrairement à d’autres lanceurs d’alerte, S. Wynn-Williams ne présente pas son livre comme une enquête journalistique profonde avec des citations, mais comme des Mémoires avec ses expériences personnelles.



Dans les faits : Parmi les accusations de harcèlement moral et sexuel, l’auteure accuse aussi Facebook d’avoir travaillé avec le gouvernement chinois sur des outils de censure, contre une place sur le marché chinois (où le groupe ne s’est finalement jamais installé). Meta aurait aussi permis la diffusion de messages de haine contribuant au massacre des Rohingya par l’armée du Myanmar.

  • Plus encore, elle accuse des dirigeants, dont son supérieur de l’époque, J. Kaplan, actuel responsable des affaires publiques, de harcèlement sexuel. L’auteure estime que l’avoir dénoncé a mené à son licenciement en 2017.

  • Elle affirme aussi que des employés de Facebook ont fait partie de la campagne de D. Trump en 2016 et l’ont aidé à cibler des électeurs potentiels, avec des “pubs sur mesure remplies de désinformation”.

Résultat : Meta a immédiatement contre-attaqué en dénonçant de “fausses accusations”. Selon un porte-parole du groupe, “S. Wynn-Williams a été licenciée pour mauvaises performances et comportement toxique, et une enquête menée à l'époque a déterminé qu'elle avait fait des accusations mensongères et infondées”. Selon Meta, elle serait même payée par des activistes “anti-Facebook”.

  • Meta a d’ailleurs diffusé plein de témoignages d’employés (anciens et actuels) sur les réseaux sociaux, en faveur du groupe et de J. Kaplan lui-même.

Bref. La stratégie de Meta, qui cherche à discréditer S. Wynn-Williams, comme d’habitude avec les lanceurs d’alerte, lui fait finalement plus de mal que de bien. Et pour rappel, c’est loin d’être la 1ère fois que le groupe fait face à des lanceurs d’alerte. F. Haugen, ancienne cheffe de produit, avait déjà fait fuiter des milliers de documents au Wall Street Journal, menant aux “Facebook Files”.