Assassin's Creed Shadows : le jeu de la dernière chance pour Ubisoft

En pleine crise, Ubisoft sort aujourd’hui le dernier opus de sa saga culte, Assassin’s Creed, après l’avoir décalé 2 fois.
Pourquoi on en parle ? Le studio français joue très gros. Les enjeux n’ont jamais été aussi importants : Ubisoft espère que son jeu sera littéralement un game changer.
Contexte : Depuis 2007, + de 200 millions de jeux Assassin’s Creed ont été écoulés, et sur les 10 dernières années, la franchise a généré + de 4 milliards d’euros de revenus. Mais depuis des mois, Ubisoft enchaîne les flops avec des jeux comme Star Wars Outlaws ou XDefiant, qui déçoivent les gamers.
- Résultat : Un chiffre d’affaires de 318 millions d’euros (soit 100 de moins que prévu) au dernier trimestre et une chute en Bourse de 85% depuis son pic de 2021. Ubisoft a donc fermé plusieurs studios à l’étranger et licencié des centaines de personnes. En France, les relations avec les syndicats se sont dégradées, menant à la première grève du secteur en février dernier.
La solution ? Lâcher une bombe. Et avec son nouvel Assassin's Creed, l'entreprise est confiante : les innovations dans le gameplay, comme la météo changeante ou la possibilité d’incarner 2 personnages, en font le jeu “le plus ambitieux de l’histoire d’Ubisoft” selon M-A. Côté, le producteur exécutif de la marque.
- Mais il n'en faut pas moins. Ubisoft doit en vendre au moins 10 millions pour rentabiliser les 250 à 300 millions de dollars qu’il a coûté.
Et maintenant ? Si le jeu est un succès, il permettra au studio de reprendre le contrôle de ses finances et aux cofondateurs, les frères Guillemot, de négocier un meilleur prix de vente s’ils veulent finalement s’en séparer.
- Selon Bloomberg, la famille envisagerait de créer une nouvelle entreprise regroupant certaines licences majeures à succès, pour attirer de nouveaux investisseurs et obtenir une valorisation supérieure à l'entreprise principale.
À noter : Déjà critiqué par les conservateurs pour ses 2 personnages principaux (une femme et un assassin Noir), le jeu pourrait souffrir du contexte post-Trump, marqué par le recul des politiques de diversité (DEI). Sur X, E. Musk ne s’est pas montré convaincu, assurant que “la diversité tue l’art”. Un risque majeur pour Ubisoft, dont 53% des précommandes provenaient d’Amérique du Nord en 2024.
Bref. En clair, le studio fait un véritable saut de la foi avec ce nouveau jeu. Malgré tout, les premières critiques sont assez positives et le jeu enregistre déjà 300 000 précommandes selon des sources internes.