Carrefour est sous la menace du fonds activiste Whitelight Capital

Shox Art/Pexels
Publié le
10/3/2025

Carrefour, dont le système de franchises est plus que jamais fragilisé, est dans le viseur du fonds activiste français Whitelight Capital.

  • Rappel : Un investisseur activiste a pour but de monter au capital d’un groupe et d’en infiltrer le conseil d’administration pour influencer la stratégie.

Un peu de contexte : Carrefour traverse une mauvaise passe : -15% en Bourse sur un an et des ventes en France en recul de 2,1 % (hors essence) au quatrième trimestre 2024. Et cette attaque pourrait faire sauter son PDG, A. Bompard.

Dans les faits : Hier, K. Romanteau, fondateur du fonds d’investissement Whitelight Capital, a publié un rapport indiquant que le groupe imposerait à ses franchisés d’acheter entre 70 et 75 % de leurs produits auprès de sa centrale d’achat... sous peine d’une sanction financière. Des obligations contractuelles jugées excessives par l’Association des Franchisés (AFC) de Carrefour.

  • Une soixantaine de franchisés seraient déjà secrètement chez d'autres fournisseurs, à hauteur de 10 % du chiffre d'affaires de leur magasin, ce qui menace l'équilibre du modèle de Carrefour.

  • Et l'AFC veut aller plus loin, en transférant 25 millions d'euros d'achats de marchandises vers de nouveaux fournisseurs en 2025 et jusqu’à 200 en 2027. Des pertes estimées entre 150 et 200 millions sur 3 ans pour Carrefour.

L'impact pour Carrefour ? Les fournisseurs actuels paient Carrefour pour être mis en avant dans les rayons, pendant les opérations promotionnelles etc. Cette ligne de revenus représenterait ≈ 619 millions annuels pour le groupe.

  • Problème : ces revenus dépendent aussi des volumes d'achats : + Carrefour achète, + il pèse dans les négociations avec les fournisseurs. Mais si les franchisés vont voir ailleurs, les fournisseurs de Carrefour pourraient renégocier à la baisse, ce qui fragiliserait donc la rentabilité du groupe.

Bref. L’AFC est allée jusqu’au tribunal qui rendra sa décision le 5 juin prochain, quand Bercy préconise une amende de 200 millions d’euros contre Carrefour. De son côté, K. Romanteau espère mettre son plan à exécution d’ici 2026. Le combat pour gagner le cœur des actionnaires et les convaincre de le suivre ne fait que commencer.