Un Arnault chez Nike, pourquoi faire ?

Quand Nike appelle, Alexandre Arnault répond. Le troisième enfant du milliardaire à la tête de LVMH a été nommé au conseil d’administration de Nike.
Pourquoi on en parle ? Une partie des investisseurs s’interroge sur ce "rapprochement" : qu’est-ce que le DG adjoint de la division vins et spiritueux de Moët Hennessy va apporter à Nike ? Là où d’autres voient déjà ce poste comme un tremplin vers le Graal : la direction de LVMH, une fois B. Arnault à la retraite (si ça arrive un jour).
Mais alors, pourquoi Alexandre ? Pour rappel, et pour ceux qui n’ont pas suivi notre saga sur la succession de B. Arnault, Alexandre est le premier enfant du deuxième mariage du milliardaire. Mais c’est surtout le plus “people” de la famille.
- À 22 ans, il mène pour LVMH l’acquisition de la marque de bagages Rimowa et en devient co-directeur général avant de la moderniser - vous savez, ce sont ces valises gris métallisé qu’on a vues aux mains de toutes les stars, de Rihanna à Bella Hadid, en passant par R. Federer.
Concrètement, parce que les stars, c’est un peu la spécialité d’A. Arnault. Quand il arrive ensuite chez Tiffany, le célèbre joaillier, il met en place des partenariats avec Beyoncé, Jay-Z, Pharrell Williams… Bref, il modernise et redonne de la désirabilité aux célèbres bijoux.
Pour rappel, la marque de sport a du mal à relancer ses ventes : son action a chuté de 35% en Bourse depuis le début de l’année et elle est au plus bas depuis 12 ans. Le fabricant devrait même quitter l’indice S&P 100 la semaine prochaine (l’indice qui regroupe les 100 + grandes sociétés cotées aux États-Unis).
Un peu de recul. Nike est probablement la marque la plus connue du monde, mais il y a un problème : les consommateurs ne sont pas encore prêts à payer le prix fort pour se procurer leurs ensembles... E. Hill, CEO du géant, mise donc sur l’expérience d’A. Arnault dans le luxe pour créer la désirabilité dont Nike manque cruellement.
Problème : S’il a définitivement contribué à moderniser l’image des marques par lesquelles il est passé, chose dont Nike aurait bien besoin, le bilan financier d’A. Arnault est quand même un poil plus contrasté.
- L’année 2024, la dernière avant son départ de Tiffany, est une “année noire” pour la marque, dont le résultat opérationnel était alors en baisse de 35%.
Bref. Légère pression sur les épaules d’A. Arnault, même si bon, être l’héritier d’une des plus grandes entreprises d’Europe l’a sûrement endurci. À noter qu’il rejoint du beau monde chez Nike, comme T. Cook, l’ex-CEO d’Apple, membre depuis 10 ans.











