Qui mettra la main sur Armani ?

La maison de luxe italienne va lancer des discussions avec LVMH, l’Oréal et EssilorLuxottica pour céder une participation minoritaire dans l’entreprise.
Un peu de contexte. Le célèbre styliste G. Armani est décédé à l’âge de 91 ans il y a un peu plus d’un an. De son vivant, il refusait toute cession ou introduction en Bourse, mais, n’ayant aucun enfant pour reprendre le flambeau, G. Armani a désigné dans son testament 3 entreprises pour reprendre sa maison.
Dans les faits : Ni LVMH, ni L’Oréal, ni EssilorLuxottica n’auront le contrôle à 100% d’Armani (faut pas rêver). Le testament explique que 15% du capital doit être vendu dans les 18 mois suivant sa mort à l’une des trois entreprises (ou équivalent) et que, trois ans plus tard, l’acquéreur aura la possibilité de monter jusqu’à 54,9%.
Problème : Aucun des trois groupes ne semble pressé de sortir le chéquier :
- EssilorLuxottica, déjà partenaire d’Armani pour les lunettes jusqu’en 2038, concentre ses investissements dans la medtech et le marché américain.
- L'Oréal est détenteur d’une licence Armani jusqu’en 2050 et cherche surtout à préserver cette activité.
- LVMH, de son côté, a déjà l’expérience des grandes maisons de mode, mais l’intégration ne sera pas évidente : Armani est très diversifié (hôtels, restauration, mobilier, etc.). Et, gros point noir, les activités les plus rentables (lunettes et parfums) ne sont donc pas directement exploitées par l’entreprise.
Donc, une autre solution est envisagée : Répartir ces 15% entre les trois, mais il y a encore un problème : combien vaut Armani ? L’entourage de l’entreprise parle de ≈ 10 milliards d’euros, mais les investisseurs potentiels situeraient la valeur du groupe entre 3 et 7 milliards.
- Rappel : Si les trois géants ne veulent pas trop dépenser pour Armani, c’est aussi par rapport à sa situation financière. Le chiffre d’affaires de la maison italienne a reculé pour la deuxième année consécutive, avec une baisse de 5% en 2024 et de 2,8% en 2025 par rapport aux années précédentes.
Et maintenant ? Si la cession n’aboutit pas d’ici mars 2027, Armani pourrait commencer à préparer une introduction en Bourse, ce qui serait un virage majeur pour la maison qui a longtemps défendu son indépendance.
Bref. En attendant, Armani n’est pas au chômage partiel : elle a nommé un nouveau directeur général, remanié son conseil d’administration et recruté D. Vitale, un grand designer italien, à la direction artistique pour moderniser la marque.











