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Pourquoi Luca de Meo pourrait effectivement être l'homme de la situation chez Kering

Renault Group
Publié le
16/6/2025

On vous en parlait hier, Luca de Meo quitte la direction de Renault pour celle de Kering, et l'annonce a fait disjoncter les marchés : -8% pour le constructeur et +12,5% pour le fabricant de luxe.

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Pourquoi un tel engouement ? L. de Meo est un pro des redressements. En 30 ans, il a redynamisé Fiat, puis Seat, avant de ressusciter Renault et Alpine. À son arrivée chez Renault, le constructeur affichait une perte nette record de 8 milliards d’euros. Cinq ans plus tard, il a bouclé une deuxième année en bénéfice (+2 milliards en 24 mois) et a doublé la capitalisation boursière de l’entreprise.

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Comment ? L. de Meo a fait exploser les marges (à 7,6%, un record pour Renault) en se recentrant sur les monospaces et en augmentant les prix. Une hausse qui est bien passée auprès des consommateurs grâce à un bon storytelling, spécialité de l’Italien. On l’a vu à l'œuvre avec le marketing totalement réussi autour de la R5, usine à souvenirs, et de “sa petite sœur” la R4, plus accessible.

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It’s a match : L. de Meo aime les entreprises aux cœurs brisés, et Kering (-27 % cette année en Bourse) a tout pour plaire. Depuis 3 ans, le groupe est plombé par Gucci, qui représente la moitié de son chiffre d’affaires, et ne trouve plus sa clientèle. Au premier trimestre, la marque italienne - tiens, tiens - a vu ses ventes fondre de 25%.

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  • Gucci n’arrive plus à se renouveler et se trouve dans un positionnement flou : trop tape à l'œil pour les plus riches, trop chère pour les autres. Le plus gros chantier de L. de Meo est donc de donner un coup de jeune à la marque et la faire redevenir désirable. Ça tombe bien, c’est exactement ce qu’il a fait chez Renault.

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Un peu de recul. Sur le papier, c’est le mariage parfait mais ce passionné de montres suisses doit passer de l’huile de moteur au cuir pour découvrir l’industrie. Il a pour l’instant le bénéfice du doute mais le premier juge sera le succès - ou non - de la première collection de Demna, nouveau directeur artistique de Gucci, prévue pour fin 2025.

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Bref. François-Henri Pinault, PDG depuis 20 ans, ne sera donc plus que président et a prévu de laisser carte blanche à sa nouvelle recrue. Du côté de Renault, le départ reste un coup dur inattendu pour le constructeur, déjà en quête d’un remplaçant. L’Etat, actionnaire à 15%, va l’aider, même si les noms de Denis Le Vot, patron de Dacia, et de Maxime Picat, directeur des achats de Stellantis, ont déjà émergé.