Javier in Paris

Le président argentin J. Milei est à Paris pour une “Argentina week” qui vise à séduire les investisseurs étrangers... Il devrait même dîner en tête-à-tête avec E. Macron ce soir (remplacerait-il la tronçonneuse par des chandelles ?).
Un peu de contexte. J. Milei a enchaîné de belles réussites en Argentine depuis son élection : l’inflation est passée de 211% en 2023 (non, on n’a pas oublié la virgule) à 31,5% en 2025. Et - optimiste - il vise maintenant 1% pour 2027. Son budget 2025 a même enregistré un excédent de 0,3% (pour les Français qui ne connaissent pas, c’est normal : c’est l’inverse d’un déficit…).
Problème : La population argentine paye la cure d’austérité de J. Milei au prix fort. 32,1% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté (+ 4,1% sur le premier semestre 2026). Et la baisse drastique des dépenses de l’État - qui a entraîné le licenciement de nombreux fonctionnaires - a fait bondir le taux de chômage (même si on manque de chiffres puisque 44% de la population travaille dans le secteur informel).
- À noter : Depuis que l’économie a quand même repris quelques couleurs, certaines grandes entreprises sont déjà revenues dans le pays. En 2025, Decathlon a même fait son grand retour après 25 ans d'absence.
Mais donc, pourquoi ce voyage à Paris ? J. Milei est justement en quête de nouveaux investissements étrangers pour relancer la croissance de son pays… qui connaît quand même quelques difficultés, dirons-nous (le PIB argentin a perdu 0,6% au deuxième trimestre 2026).
Un peu de recul. Globalement, l’inflation reste encore trop élevée et le peso, trop instable pour faire revenir les multinationales en masse. Et depuis début 2026, le solde d’investissements étrangers est carrément négatif (- 1,6 milliard de dollars).
- Les efforts de J. Milei pour stabiliser le peso rendent aussi l’industrie argentine moins compétitive : 30 000 entreprises ont fermé depuis son arrivée au pouvoir. Ce qui fait dire à son rival politique, le gouverneur de Buenos Aires A. Kicillof, qu’il conduit une politique de “désindustrialisation suicidaire” pour le pays.
Bref. J. Milei compte aussi sur les géants américains de l’IA, notamment en présentant à la fois son pays comme celui qui régule le moins l’IA au monde et la Patagonie comme l’endroit idéal pour construire des data centers *clin d’œil clin d’œil*. Et ça commence (timidement) à marcher : OpenAI va investir 25 milliards dans des centres de données dans la région.







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