63, 64, 65 ans…

Eh oui, il fallait bien qu’on en reparle un jour : qu’est-ce qu’on fait des retraites ? C’est la grande question qui agite les candidats à la présidentielle, et le dernier en date à avancer ses idées, c’est E. Philippe…
Dans les faits : Le candidat Horizons propose de reculer l’âge de la retraite à 65 ans et de faire passer la durée de cotisation à 45 ans. En clair, il veut pousser + loin la réforme d’E. Macron de 2023, qui visait à décaler l’âge de départ de 62 à 64 ans, et la durée de cotisation de 42 à 43 ans. (Une réforme, on le rappelle, suspendue par S. Lecornu).
- Plus encore : E. Philippe veut introduire une dose de capitalisation, en obligeant tous les salariés à avoir un Plan d’Épargne Retraite (PER) qui serait “un des placements les + intéressants du marché”.
Et les autres ? Son grand rival du bloc central, G. Attal, aimerait supprimer l’âge légal de départ à la retraite pour ne parler qu’en durée de cotisation (sans préciser la durée pour l’instant) + intégrer une part de capitalisation dans le système (+1 point commun).
- Le RN veut faire Ctrl+Z sur la réforme de 2022 pour rétablir un âge légal de départ à 62 ans, et abaisser l’âge de départ à 60 ans pour les carrières longues. Un projet qui créerait un surcoût allant de 31,5 à 44,7 milliards d’euros par an, selon une estimation de 2024 de l’Institut Montaigne.
- LFI soutient le retour d’une retraite à 60 ans, soit un surcoût annuel estimé entre 36 et 112,8 milliards, toujours selon l’Institut Montaigne (2022).
Un peu de recul. Pas sûr que cette proposition n’aide E. Philippe à décoller dans les sondages : selon une enquête électorale Ipsos de début septembre, seulement 1 quart des Français sont favorables à l’augmentation de l’âge de départ à la retraite (contre 34% pour une diminution, et 37% pour un maintien du statu quo). Et les 4% restants ? Ils avaient sûrement piscine quand Ipsos a appelé...
Bref. En attendant, il faut trouver une solution à ce casse-tête français : pour rappel, le déficit du système des retraites devrait s’aggraver doucement puis brutalement à partir de 2045, selon le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites. Sous le coup du vieillissement démographique, il devrait passer de 0,2% du PIB en 2030 à 0,9% en 2045, puis à 2,4% du PIB en 2070. Ça va faire un sacré trou dans la caisse…







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