Dans le collimateur du vautour

Air Liquide, le leader français de la production de gaz industriel - et le petit chouchou des investisseurs français - est dans le viseur du fonds activiste Elliott Management.
Pourquoi on en parle ? Quand un fonds activiste (aussi dit "fonds vautour") s'intéresse à votre entreprise, ce n’est jamais bon signe. Son but est simple : prendre une participation dans l’entreprise (comme Elliott vient de le faire avec Air Liquide) et inciter l’entreprise à corriger ses points faibles pour augmenter sa valeur boursière, puis revendre ses parts.
- Pour rappel, Elliott Management, ce n’est pas n’importe qui : on parle de l’un des + anciens fonds activistes, mais aussi de l’un des + redoutés. En + des entreprises, il s’est aussi attaqué directement aux États en achetant leur dette souveraine et a même forcé le Pérou à lui verser + de 58 millions de dollars pour défaut de paiement dans les années 90…
Mais pourquoi Air Liquide ? Ce qu’Elliott reproche au géant français, ce sont ses marges de “seulement” 21%. Surtout face à son concurrent américano-allemand Linde-Praxair qui, lui, affiche aujourd'hui une marge de 30% et une capitalisation de 192 milliards d'euros (contre 110 milliards pour Air Liquide). Sachant que les experts ne prévoient pas que l'écart se réduise d’ici 2030...
- Autre point : Le manque de générosité d’Air Liquide. Eh oui, l’entreprise n’a jamais régalé ses actionnaires avec un programme massif de rachat d’actions et n’a consacré que 14 milliards d’euros aux dividendes et aux rachats d’actions sur 10 ans, contre 45 milliards pour Linde.
Et maintenant ? Ceux qui ont le sourire, ce sont les investisseurs : l’action Air Liquide a gagné jusqu’à 4,2% sur la journée avant de finir à +2,15%. Plus globalement, l'action est maintenant en hausse de ≈ 20% cette année.
Un peu de recul. En plus des questions liées aux marges, les analystes ont demandé des infos sur la branche électronique d’Air Liquide. Eh oui, même une entreprise vieille de 124 ans se met à l’IA. Air Liquide est le 1er fournisseur mondial de gaz utilisés pour la fabrication de puces, et cette division génère 10% du chiffre d’affaires du groupe. Bank of America estime même que ce segment pourrait croître de 15 à 20% par an.
Bref. Le timing est parfait : le 5 octobre, l'entreprise organise une journée consacrée aux investisseurs. Ce sera l'occasion de dévoiler son plan pour améliorer les marges et, possiblement, d'annoncer un rachat d’actions supplémentaire, de quoi mettre les investisseurs sur un petit nuage... Mais en parallèle, Air Liquide aurait aussi commencé à travailler avec des conseillers spécialisés dans la réponse aux investisseurs activistes.











