La Coupe du monde est à vendre (enfin, presque)

Vous l’avez lu hier, la FIFA veut faire une OpenAI en créant une nouvelle entité commerciale, la FIFA Forward Enterprise (FFE), sauf que ça coince...
Pourquoi on en parle ? Eh bien, ça pose problème. Cette ouverture aux investisseurs privés fait grincer des dents à l’UEFA (qui gère le football en Europe), et des fédérations censées approuver le projet de la FIFA.
Dans les faits : La FFE regrouperait les activités commerciales de la FIFA (diffusion, sponsoring, billetterie et droits commerciaux des compétitions) qui, on le rappelle, est une association à but non lucratif. Et son président, G. Infantino, voudrait céder 20% du capital de cette nouvelle entité pour lever 4,2 milliards, mais il assure que la FIFA en conserverait le contrôle.
L'objectif (officiel) : Financer un nouveau programme qui offrirait jusqu’à 20 millions de dollars supplémentaires par fédération pour des projets exceptionnels. Plus globalement, avec la FFE, la FIFA ambitionne de porter les financements consacrés au développement du foot à 10 milliards de dollars.
Problème : G. Infantino présente cette réforme comme un moyen de mieux redistribuer les revenus du football mondial, mais il y a anguille sous roche...
- Selon The Times, G. Infantino aurait proposé aux fédérations jusqu'à 40 millions de dollars en + à chacune d'elles si elles approuvaient son projet avant le 19 septembre.
- G. Infantino, BFF de D. Trump depuis la Coupe du monde, fait notamment appel à Thrive Eternal, le fonds de Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, le gendre du président américain, pour investir dans la FFE.
- Toujours selon The Times, G. Infantino pourrait prendre la tête de cette nouvelle structure et augmenter son salaire.
Un peu de recul. Par-dessus tout, la FIFA a-t-elle vraiment besoin d'argent là tout de suite ? Pour rappel, son cycle 2023-2026 devrait générer environ 15 milliards de dollars de revenus (contre 13 milliards prévus à l'origine). De nombreux experts estiment donc que ce projet vise plutôt à accélérer la monétisation des compétitions qu'à répondre à un besoin financier.
Bref. L'UEFA estime que la FIFA franchit une ligne rouge en ouvrant ses actifs à des investisseurs privés. Selon Sky Sports, les fédérations européennes devraient même se réunir en urgence pour discuter du projet, et certaines envisageraient un boycott des prochaines Coupes du monde. En parallèle, la Commission européenne suit le dossier de près pour des questions de concurrence. Bref, on revient pour le prochain épisode après la pause fraîcheur...










