En rang deux par deux

Allez, une nouvelle année scolaire commence (et toujours pas à Poudlard) sauf que cette année, on compte 168 000 élèves en moins...
Pourquoi on en parle ? Les chiffres sont impressionnants : d’ici 2035, les établissements scolaires (écoles, collèges, lycées) compteront 1,7 million d’élèves en moins (soit une baisse de 14% par rapport à aujourd’hui).
- Pourquoi ? On fait moins de bébés, tout simplement : on comptait 645 000 naissances en France en 2025, soit 24% de moins qu'en 2010.
Résultat : Selon l’Institut Montaigne, cette baisse du nombre d’élèves permettrait techniquement de redéployer 16 milliards d’euros de dépenses sur 10 ans vers d’autres postes.
- Pour rappel, en 2024, les dépenses liées à l’éducation représentaient ≈ 7% du PIB et les ¾ du budget servent à payer les salaires du personnel éducatif.
En clair, l’enjeu, c'est de déterminer si la baisse démographique va se traduire par des économies budgétaires, ou non. En cause : certains coûts restent fixes. Concrètement, ce n'est pas parce qu’il y a moins d’élèves dans une classe que l’enseignant sera moins payé ou que le chauffage en janvier (l’été est fini, préparez-vous) coûtera moins cher.
Problème : Si les effectifs diminuent mais que le nombre d’écoles reste le même, le coût par élève augmente. Par exemple : un élève de primaire coûte aujourd’hui 9080 euros, contre 8660 euros en 2023. Mais si on ferme trop d’écoles pour réduire les coûts - surtout dans les zones rurales - on peut vite se retrouver à faire 1h de car le matin (un transport à financer aussi).
- Pour l’instant, l’école reste une priorité dans le budget (sur lequel nos parlementaires ont eu tant de mal à se mettre d’accord). En 2026, ils ont acté 200 millions d’euros supplémentaires et la création de ≈ 6000 nouveaux postes, malgré la baisse du nombre d’élèves.
Un peu de recul. Il y a quand même de bonnes nouvelles : même s’il y a moins d’élèves, les ventes de fournitures scolaires restent stables, avec seulement 0,8% de baisse des ventes en volume cette année (contre une baisse de 1,4% du nombre d’élèves). Au total, le prix moyen des articles de papeterie a même baissé de 0,6% par rapport à 2025, et le chiffre d’affaires global du secteur cet été devrait tourner autour de 630 millions d'euros.
Bref. L’école va sûrement se retrouver au cœur des débats de la présidentielle. Selon le syndicat UNSA-Éducation, moins de 1% du personnel (autant dire personne, donc) est “confiant pour l’avenir du système”.











