Une pinte d’économies

Le groupe Diageo - la multinationale de la boisson derrière Guinness, Smirnoff et votre dernier mal de tête - veut économiser 1 milliard de dollars sur trois ans…
Dans les faits : Depuis plusieurs années, Diageo est fragilisé par le choix de son ex-CEO, D. Crew, de renforcer la branche premium du groupe et donc de délaisser l’offre bon marché. Résultat : depuis, le Covid, le groupe a perdu 50% de sa valeur en Bourse.
- D. Crew a donc été poussée vers la sortie en janvier, pour être remplacée par D. Lewis, un pro des restructurations connu comme “Dave le Drastique” en Angleterre pour son redressement du géant de la grande distribution Tesco.
Et maintenant ? Pour redresser son groupe, la recette du nouveau CEO est simple : d’abord, licencier. Le plan prévoit 514 millions de frais de licenciements, de quoi se séparer d'entre 3000 et 5000 salariés… soit + de 10% des effectifs.
- Ensuite, arrêter de servir les Carrie Bradshaw et James Bond de ce monde et se recentrer sur le mass market. Ce qui implique de miser sur les cocktails en canette (ça donne envie) ou de proposer des flashs de spiritueux + petits, pour répondre aux besoins de clients au pouvoir d’achat en baisse.
- Dernier ingrédient de la sauce secrète : améliorer le service client. D. Lewis veut chouchouter les bars, restos et autres relais de boissons pour qu’ils mettent son offre + en évidence.
Un peu de recul. Malgré ce plan, les ventes de Diageo devraient continuer à reculer, avec une baisse de 3% attendue sur le marché nord-américain cette année. Et ça, c’est à cause de problèmes structurels liés à l’industrie de l’alcool en général (baisse de la consommation + fort impact des tarifs douaniers américains et chinois), qu’un simple plan d’économies ne résoudra pas.
Bref. Pour l’instant, le plan de D. Lewis semble plaire aux actionnaires : Diageo a gagné 11% en Bourse après l’annonce. Par contre, les salariés, eux, ne doivent avoir qu'une question en tête : qui sera le prochain pot de départ...











