Le Parlement allemand adopte le plan d'investissements historique de 500 milliards d'euros

Le futur chancelier allemand, F. Merz, a obtenu l’accord du Parlement pour son plan d’investissement géant qui vise à relancer l’économie et renforcer l'armée.
Pourquoi on en parle ? C’est historique. L’Allemagne, connue pour être la bonne élève de la zone euro niveau budget, pourra enfin se libérer du frein à la dette et investir massivement dans sa défense.
Pour rappel : La constitution allemande n’autorise qu’un très faible déficit public, ce qui a permis au pays d’avoir un déficit à 2,6% du PIB en 2024 (contre 6,1% chez nous). Mais ce plan rebat les cartes, permettant à l'Allemagne de modifier sa constitution pour s’endetter bien au-delà de ce qu’elle n’a jamais fait.
Dans les faits : Ce “bazooka” vise à créer un fonds exceptionnel de 500 milliards d’euros sur 12 ans, dont 100 milliards pour le climat, et assouplir les règles d’endettement pour les dépenses militaires, dont une partie sera exclue du calcul du déficit. En clair, l’Allemagne pourra s’endetter jusqu’à 1000 milliards.
- Pourquoi maintenant ? Entre le retour de D. Trump, la guerre en Ukraine et la récession qui plombe l’économie allemande depuis 2 ans, il était urgent de réagir : F. Merz considère son plan comme “le 1er grand pas vers une nouvelle communauté européenne de défense” et veut, le + possible, faire travailler des fabricants d’équipement militaire européens, ce qui pourrait booster la croissance du continent.
Résultat : Depuis l’automne 2024, les actions allemandes ont largement surperformé celles des autres pays européens en anticipation du plan.
Un peu de recul. Plus globalement, depuis 1999, les marchés européens ont largement sous-performé les autres principaux marchés, notamment américain. Mais avec le plan de l’Allemagne, les investisseurs voient une opportunité d’enfin combler cet écart.
- En clair, grâce à l’endettement, l'Allemagne a encore beaucoup de marge pour croître et pourrait donc insuffler une dynamique de croissance en Europe. Mais tout dépendra de la mise en œuvre de ces nouvelles politiques et de leur efficacité à générer une croissance durable.
Bref. Auf Wiedersehen la rigueur allemande, ou presque : les régions doivent encore donner leur feu vert lors d’un prochain vote prévu vendredi - une bonne raison de continuer à lire Aktionnaire.