Tapis.

Impuissant face au Parlement pour faire adopter ses lois sur le logement, le premier ministre espagnol P. Sanchez fait tapis et lance des élections anticipées…
Flashback : Tout est parti de l’expulsion de Maricarmen Abascal (87 ans), le 23 septembre, de l’appartement madrilène où elle vivait depuis 70 ans, après son rachat par un fonds d’investissement. L’histoire a bouleversé les Espagnols, au point que nombre d’entre eux sont allés camper sur la Puerta del Sol, à Madrid, pour protester.
- Résultat : Le Premier ministre P. Sanchez a déclaré son soutien aux manifestants et préparé 2 lois sur le logement pour encadrer certains loyers, limiter les locations touristiques et suspendre les expulsions de locataires vulnérables jusqu’en 2030.
- Problème : Vendredi, le Parlement lui a dit “gracias, pero no gracias” et a rejeté ses lois. En cause : la peur qu’elles rognent sur les droits des petits propriétaires.
Résultat : P. Sanchez - au pouvoir depuis 2018 - dit avoir besoin d’une + large majorité pour gouverner, d’où sa décision de lancer des élections anticipées, le 29 novembre. En espérant que ça fonctionne mieux qu’une certaine dissolution…
Un peu de recul. Si la crise du logement est un phénomène aussi répandu en Europe que les musées sur la Première Guerre mondiale, elle est particulièrement sévère en Espagne : en 2025, près de la moitié des 18-34 ans vivaient encore chez leurs parents (et pas par amour du pan con tomate parental), contre 14,8% en France.
- Et si les Espagnols n’arrivent plus à se loger, c’est parce que les grands promoteurs immobiliers du pays ont fait faillite pendant la crise de 2008, ce qui a donc freiné la construction de nouveaux logements.
En parallèle, la population espagnole augmente rapidement, sous l’effet du programme de régularisation de P. Sanchez qui encourage l’immigration (+ 500 000 nouveaux habitants par an depuis 2022) et l’envolée du tourisme (96,8 millions de touristes en 2025, en hausse de 42% sur 10 ans).
Concrètement, comme en France, le cœur du problème, c’est le manque de logements. Il faudrait en construire 60 000 par an pour rattraper le retard selon la Banque d’Espagne, surtout que la proportion de logements sociaux dans le pays est l’une des + faibles d’Europe (2,5% en 2024, contre 9,3% en moyenne en Europe).
Bref. Si pour l’instant, les sondages donnent plutôt ses rivaux du Parti populaire (centre-droit) et de Vox (extrême droite) favoris, P. Sanchez espère profiter de l’indignation autour de l’expulsion de Maricarmen Abascal pour faire une remontada.











