Parce que c’est son projet

Le projet de budget 2027 (dit PLF) + le projet de loi de financement de la sécurité sociale (dit PLFSS, et à vos souhaits) du gouvernement de S. Lecornu sont là… et ils promettent de sacrés débats.
Un peu de contexte. Les comptes publics de la France sont dans le rouge vif avec un déficit public 2026 prévu autour de 5,4%, et un coût de la dette qui augmente, la faute notamment au taux d’emprunt français à 10 ans. Ce jeudi, il a atteint 4,93%, un niveau qu’on n’avait pas vu depuis que Quentin Mosimann a remporté la Star Academy (2008, pour ceux qui ne suivent pas…).
- Sans surprise, ce budget prévoit des économies : 43 milliards d’euros d’économies, pour être précis.
Qui est concerné ? Pas les plus fortunés : leur fiscalité va rester inchangée. L’effort se concentre plutôt sur les collectivités locales (à qui on retire 5,4 milliards) et sur les grandes entreprises. En clair, la contribution ✨ exceptionnelle✨ sur leurs bénéfices va être renouvelée pour la 3e année de suite. Recettes attendues : 5 milliards.
- Plus encore : Ce projet de loi, que S. Lecornu gardait plutôt secret (pour ne vexer personne), contient aussi des taxes surprises : une sur les produits sucrés (300 millions attendus), un doublement de celle sur les aéroports et autoroutes (800 millions) et un autre doublement de la TVA pour Canal+ qui passera de 10 à 20% (200 millions), pour s’aligner sur les autres plateformes de streaming.
En parallèle, le PLFSS compte “diviser par 2” le déficit de la Sécurité sociale, pour le ramener à 12,7 milliards d’euros. Pour y arriver, il compte - entre autres - limiter les arrêts maladie de longue durée et geler les retraites supérieures à 1260 euros par mois (près de 6 millions de personnes sont concernées).
Un peu de recul. Est-ce que ce sera suffisant ? Pas pour le Haut Conseil des finances publiques qui juge ce budget soumis à un fort risque de “dérapage”. Et ça, c’est notamment parce qu’il se base sur des perspectives jugées trop “optimistes” pour l’économie française en 2027 (aka un baril de pétrole à 71 euros + un taux d’emprunt à 10 ans à 4,3%, 1% de croissance et la victoire d’un Français à Roland Garros).
Bref. Puis bien évidemment, S. Lecornu n’a toujours pas de majorité à l’Assemblée nationale, et sans ça, ses 2 bébés, le PLF et le PLFSS risquent de se faire censurer… D’autant plus que la présidentielle approche et pousse clairement les partis à se distancer du gouvernement.











