Quelle suite en Iran après la mort du Guide suprême Ali Khamenei ?

Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, est mort après les frappes menées par les États-Unis et Israël samedi matin.
Comment en est-on arrivé là ? Cette attaque est arrivée après des semaines de menaces et de négociations sur le programme nucléaire iranien. Mais D. Trump a finalement perdu patience et lancé “l’Operation Epic Fury” ce week-end. En réponse, l'Iran a frappé de nombreux pays alliés des États-Unis au Moyen-Orient : Dubaï, Bahreïn, les bases américaines en Arabie saoudite, le Qatar et Israël.
L’objectif des États-Unis et d’Israël en éliminant le Guide suprême ? Changer le régime. Sans ça, le nucléaire et les missiles peuvent être ralentis, affaiblis, mais pas supprimés. Mais aucune puissance n’a fait tomber un régime par les airs, donc D. Trump a appelé les Iraniens à renverser le régime. Et maintenant ?
1. Qui pour diriger l’Iran ? Eh bien aucune opposition structurée ne semble prête à prendre le pouvoir. Si le régime tombe, c’est potentiellement le chaos : luttes internes, tensions ethniques... L’Afghanistan, l’Irak ou la Libye ont déjà montré qu’un “changement de régime” piloté de l’extérieur ne garantit ni paix ni démocratie.
2. Une flambée du pétrole ? Les tensions au Moyen-Orient menacent de provoquer le plus important choc pétrolier depuis des années. Avant même les frappes américaines, le Brent avait déjà clôturé à 73 dollars le baril, et pourrait atteindre 100 dollars à court terme selon plusieurs analystes.
Un peu de recul. L’ampleur et la durée du choc vont dépendre de deux facteurs.
- La situation deviendrait catastrophique si l’Iran frappe des champs pétroliers en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Koweït.
- La capacité du pétrole à circuler. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, n'a jamais été totalement fermé, même durant la guerre Iran-Irak. Pour le moment, le trafic a ralenti, mais le détroit n’est pas officiellement fermé. Une partie des perturbations est volontaire, liée à la prudence des compagnies maritimes.
Bref. Selon certains analystes, on devrait éviter un “choc pétrolier” puisque contrairement aux précédents chocs, le marché physique était bien approvisionné avant la crise : l’offre dépassait la demande depuis plusieurs mois, ce qui a permis une reconstitution progressive des stocks. En parallèle, l’OPEP+ a aussi annoncé une augmentation de production pour avril et laisse entendre d’autres ajustements. Affaire à suivre…











