Est-ce vraiment grave, docteur ?

La situation financière de la France inquiète, et vue les gros titres de la presse internationale en ce moment, il fallait qu’on pose la question…
Pourquoi on en parle ? Non seulement la France est vue comme “l’homme malade de l’Europe”, mais les investisseurs commencent aussi à s’inquiéter que son taux d’emprunt record contamine toute la zone euro.
Comment en est-on arrivé là ? La présentation du budget 2027 n’a pas convaincu les marchés financiers. Le 1er octobre, le taux d’emprunt français a atteint un niveau qu’on n’avait pas vu depuis le couronnement de Sylvie Tellier en 2002, à 4,96%. Et les taux italiens et grecs se sont aussi envolés dans la foulée.
- La France paie donc désormais plus cher pour s’endetter que certains de ses propres géants, comme LVMH ou Sanofi.
Dans le détail : Ce qui fait transpirer les investisseurs, c’est le manque de cap clair concernant la réduction du déficit. Le “quoi qu’il en coûte” de la période Covid + le “bouclier tarifaire” pendant la crise énergétique ont annulé les efforts de réduction du déficit du premier quinquennat d’E. Macron qui devrait atteindre 5,4% du PIB fin 2026.
- À noter : Les débats sur le budget 2027 ont commencé hier à l’Assemblée nationale, mais il n’a aucune garantie d’être voté. Et s’il prévoit 43 milliards d’économies, il se fonde sur des “perspectives optimistes” pour l’économie française, selon le Haut Conseil des finances publiques, comme une baisse du cours du pétrole, un rebond de la croissance…
Plus encore : Si le taux d’emprunt augmente, c’est aussi que les marchés craignent un duel LFI-RN au second tour de la présidentielle.
- D’un côté, le projet de “geler la dette” défendu par J.-L. Mélenchon risquerait d’isoler la France sur le marché obligataire. De l’autre, M. Le Pen a présenté un “contre-budget” qui prévoit 100 milliards d’euros d’économies et des baisses d’impôts massives, mais dont plusieurs mesures restent encore peu détaillées.
Un peu de recul. Selon Bloomberg, la France change d’ère. Après des années de déficit supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE et des dépenses sociales + élevées sans conséquence sur ses coûts de financement, les investisseurs commencent à demander “une prime de risque” pour acheter de la dette française.
Bref. Entre les manifestations des lycéens et la situation des finances publiques, la France ne rassure vraiment pas en ce moment. Le gouvernement est donc entré en mode damage control : R. Lescure, le ministre de l’Économie, est parti pour Londres hier, histoire de rencontrer des investisseurs et leur demander de continuer à miser sur la France, pretty pretty please.












