Pernod Ricard et Brown-Forman, propriétaire de Jack Daniel's, sont en discussions pour fusionner

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Publié le
30/3/2026

Pernod Ricard et Brown-Forman, propriétaire de Jack Daniel's, sont en discussions pour fusionner et faire émerger le boss des spiritueux.

Pourquoi on en parle ? Si le deal se concrétise, on parlerait alors d’un géant de plus de 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires, au coude-à-coude avec le leader Diageo (17,3 milliards). Concrètement, le groupe rassemblerait des marques majeures comme Jack Daniel’s, Herradura, El Jimador côté Brown-Forman et Absolut, Jameson, Chivas ou encore Ballantine’s côté Pernod.


Contexte : si les deux groupes cherchent à fusionner, ce n’est pas par amour. Sur cinq ans, les deux entreprises sont en chute libre en Bourse (-60%) : la faute à un marché mondial de l’alcool sous pression (croissance attendue sous les 3%) avec une chute de la consommation des jeunes, des tensions commerciales avec les droits de douane et un ralentissement de la demande aux États-Unis et en Chine.


Résultat : Si fusion il y a, les deux entreprises y trouveront leur compte :

  • Pernod Ricard, très peu présent sur le whisky américain, profiterait de la domination de Jack Daniel’s et renforcerait sa place aux États-Unis (marché le plus important et le plus rentable du monde).

  • Brown-Forman, qui réalise ≈ 50% de ses ventes aux États-Unis, est peu implanté dans les marchés en pleine croissance comme l’Inde. Pernod Ricard, qui dispose déjà d’un réseau de distribution dans ce marché, pourra donc lui faire profiter de son réseau.

  • Globalement, les deux groupes profiteraient d'économies d’échelle et d’une optimisation des coûts s'ils fusionnaient, un élément primordial dans un marché en difficulté.

Problème : Pernod Ricard est déjà bien endetté (≈ 12 milliards d’euros), ce qui limite sa capacité à financer une grosse acquisition en cash. L’opération passerait donc surtout par un échange d’actions, même si cette option reste compliquée aussi.

  • Les deux groupes ont des actionnaires familiaux importants (50% pour la famille Brown, 14% pour les Ricard), qui veulent garder le contrôle. La volatilité en Bourse complique aussi la valorisation, avec en plus des incertitudes sur le lieu de cotation.

Bref. Si le deal se concrétise, ce serait une première pour le géant français qui est habitué à racheter des entreprises et y instaurer sa loi. Rendez-vous fin août (date des résultats annuels de Pernod Ricard) pour avoir plus d’infos.