Après 140 ans d’existence, Gibert Joseph demande son placement en redressement judiciaire

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Publié le
27/4/2026

Si vous avez été étudiant un jour, vous connaissez sûrement les rayons (pas toujours) bien rangés et colorés des librairies Gibert. Occasion, neuf, il y en a pour tous les goûts. Enfin, il y en avait, devrait-on plutôt dire.

Dans les faits : Aujourd’hui, après 140 ans de bons et loyaux services à ravir les bibliophiles, le groupe Gibert, premier libraire (et disquaire) indépendant de France, va déposer son dossier pour être placé en redressement judiciaire.


Rappel : Pendant le Covid, plusieurs magasins avaient déjà été placés en liquidation et le groupe avait lancé un plan de sauvegarde de l’emploi. Le 5e arrondissement parisien perd alors une icône avec la vente d’une des boutiques Gibert en 2020, puis 4 autres librairies du quartier ferment en 2021, et deux autres fin 2025.


Comment en est-on arrivé là ? “L’explosion des coûts fixes(comme les loyers) et “le déclin du marché des livres neufs”, résume le groupe.

  • On ne vous apprend rien, "les temps sont durs" pour les librairies dont la fréquentation baisse depuis le début de l'année, selon la libraire parisienne Marie-Rose Guarnieri.

  • Et malgré les efforts pour “réduire [les] coûts”, Gibert n’est pas assez rentable. Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 86 millions d’euros en 2025 (contre 92 millions en 2024).

Et maintenant ? Avec le redressement judiciaire, les dettes de Gibert sont gelées, les salaires garantis et le groupe peut lancer un plan de redressement. Justement, il veut miser sur l’occasion, un marché porteur “en croissance de 10% par an” selon Gibert et surtout, qui permet de mieux maîtriser ses marges.

  • Objectif : Doubler la part [des] ventes de livres d’occasion d’ici 2029”, sachant qu’ils représentent pour le moment 35% de son chiffre d’affaires.

Un peu de recul. C’est tout le monde du livre qui va mal et les librairies en tête de liste. Déjà, la lecture recule : les jeunes y consacrent 19 minutes par jour selon le Centre national du livre, soit le niveau le + bas en 10 ans. Et ensuite, les gens achètent sur internet. En 2025, 307 millions de livres physiques neufs ont été vendus (- 2,5% sur un an).



Bref. Il est temps de tourner la page, comme dirait Zaho. Mais l’histoire n’est pas finie, c’est juste un nouveau chapitre qui commence, ou en tous cas Gibert l’espère.