Velvet, futur concurrent de la SNCF, dévoile son TGV

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Publié le
22/4/2026

À pas de velours… C’est comme ça que Velvet veut s’installer dans le game des TGV français, avec un objectif clair : desservir l’ouest de la France à partir de 2028.

Pourquoi on en parle ? Velvet a dévoilé hier son futur train dans les ateliers Alstom de La Rochelle. Après, ne vous emballez pas trop : l'intérieur est encore vide et la déco loin d’être posée, mais quand même, la rame est là...

Un peu de contexte : Depuis l’ouverture à la concurrence de la SNCF en 2020, les opérateurs concurrents s’installent sur le réseau, de l'Italien Trenitalia à l’Espagnol Renfe. Mais ils ont du mal à percer : Trenitalia France est toujours déficitaire et Renfe a suspendu plusieurs de ses projets en France.

Face à eux, Velvet dispose d’un atout majeur pour se démarquer : du capital. La première startup française de la grande vitesse a levé 1 milliard d’euros auprès d’Antin Infrastructure Partners en juin 2024, ce qui lui a permis de commander 12 rames à Alstom, pour 850 millions d’euros.

  • Résultat : Velvet vise une offre de 10 millions de places par an, pour relier Paris, Bordeaux, Rennes et Nantes, à partir de 2028. Et on ne connaît pas encore ses prix mais elle prévient déjà : on ne sera pas sur du Ouigo lowcost

Alors, comment réagit la SNCF ? Elle fait tapis pour ne pas perdre la partie de poker : un cinquième trajet Paris-Bordeaux quotidien, une liaison directe entre Tours et Bordeaux, une offre Ouigo renforcée dans l’ouest...Un peu de recul. Si on en croit la nouvelle patronne de Velvet, R. Picard, une ex-cadre de la SNCF, plus de concurrence pourrait aussi rendre service à la compagnie. D’abord parce que Velvet va payer des frais de péage à SNCF Réseau pour circuler sur ses rails (≈ 50 euros par passager pour un Paris-Bordeaux). Et ensuite, parce que l’offre de trains ne suit pas la demande.

  • R. Picard estime que 15% des passagers n’arrivent pas à trouver de billets sur les trajets que Velvet va desservir. Donc pour elle, la SNCF et Velvet ont un même ennemi : la voiture, qui couvre 85% des trajets longue distance en France.

Bref. L’autre bataille de ces nouveaux opérateurs, c’est aussi de réussir à vendre leurs billets sur SNCF Connect, ce que la SNCF, évidemment, ne veut pas faire. Mais un projet de loi-cadre sur les transports en cours d’examen au Sénat pourrait bien l’y obliger...