Pourquoi l'économie européenne est-elle en difficulté ?

Unsplash
Publié le
30/4/2026

Pas de croissance ce trimestre, ni pour la France (+0%) ni pour la zone euro (enfin, juste un maigre +0,1%). Et comme l’inflation repart, on pourrait renouer avec ce classique so seventies qui ne nous manquait pas : la stagflation (un feat. entre croissance au ralenti et inflation qui accélère).


Dans les faits : Globalement, la zone euro est dans le dur ce trimestre à cause de l’envolée des prix de l’énergie, conséquence de la guerre au Moyen-Orient. La France, en particulier, voit sa croissance stagner à 0% ce trimestre, contre 0,1% attendu. Un loupé lié à une baisse inattendue de la consommation des ménages et un recul de l’investissement dans la construction.

  • Mais certains s’en sortent mieux que prévu, comme l’Espagne (+0,6%) ou à la surprise générale, l’Allemagne (+0,3%).

Problème : En plus de ces imprévus, il y a aussi l’emploi qui est à la traîne. Pourquoi ? 2025 s’était ouvert sur une dissolution, 2026 démarre avec une guerre, de quoi pousser les patrons français à freiner les embauches. Concrètement, 11 400 emplois ont disparu au premier trimestre et les intentions de recrutement pour 2026 sont glaciales (-6,5% sur un an, selon France Travail).

  • Face à tout ça, la Banque centrale européenne ne compte pas bouger : elle a décidé une nouvelle fois de maintenir son taux directeur à 2%.

Pourquoi ? Elle ne veut pas risquer de freiner encore plus les économies de la zone euro en augmentant ses taux. Mais le risque d’un gel des taux, c’est que l’inflation, déjà à + 3% sur un an, continue de grimper à cause notamment des conséquences de la guerre en Iran.


Un peu de recul. Le conflit atteint d’abord l’Asie, où il crée des pénuries de gaz et de pétrole, et l’Afrique, où l'inflation alimentaire à cause du manque d’engrais risque de faire basculer des millions de personnes dans la pauvreté. Les États-Unis, eux, se retrouvent paradoxalement assez épargnés, comme ils produisent + de gaz et de pétrole qu’ils n’en importent…


Bref. Pour les analystes, il faudrait que le baril de pétrole franchisse la barre des 150 dollars pour que la croissance américaine soit vraiment touchée.