P. Drahi est sur le point de trouver un accord pour vendre SFR à plus de 20 milliards d'euros à Bouygues, Free et Orange

C’est fait. Après six mois de négociations, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange sont entrés, ce vendredi, en négociations exclusives avec Altice pour racheter SFR.
Flashback : L’homme le plus endetté de France a commencé à se délester de ses bijoux de famille à partir de 2024 : après la vente de BFMTV et RMC cette année-là, la cession de SFR s’inscrit dans une stratégie de désendettement d’Altice après des années de croissance financées par la dette.
- Le trio avait déjà proposé une première offre de 17 milliards d’euros en octobre dernier pour racheter SFR et ses 25 millions de clients, mais P. Drahi et A. Dreyfuss, le PDG d’Altice France, ont “immédiatement rejeté” l’offre.
Dans les faits : P. Drahi a eu raison de patienter. Il n’aura pas eu les 30 milliards d’euros qu’il visait pour la vente du groupe, mais il a obtenu une nouvelle offre à 20,35 milliards (+20% par rapport à la première offre).
Comment ? P. Drahi et ses équipes ont appliqué une méthode éprouvée : pression maximale et imprévisibilité. Le rejet de la première offre a été suivie d’un silence stratégique destiné à déstabiliser les acheteurs. À plusieurs reprises, les discussions ont été rompues avant de reprendre sous tension, et cette posture, décrite comme un "à prendre ou à laisser", a permis de tirer les enchères vers le haut.
- L’opération n’a pas vraiment changé depuis octobre : Bouygues devrait prendre 42% de SFR, Free, 31% et Orange, 27%. En termes de répartition : Bouygues reprendrait le segment entreprises et une partie des infrastructures, et les clients grand public seraient répartis entre les trois opérateurs.
Résultat : La réduction du nombre d’acteurs permettrait de diminuer la pression concurrentielle et de mutualiser les coûts. Avec des investissements lourds déjà réalisés (fibre, 5G), les opérateurs pourraient augmenter leurs marges, leurs flux de trésorerie et investir dans de nouveaux secteurs comme la cybersécurité, le cloud ou l’IA.
Et maintenant ? Les parties ont jusqu’au 15 mai pour finaliser un accord, puis il restera ensuite une dernière étape : le régulateur. Pour le moment, personne ne sait si l’examen sera mené par l’Autorité de la concurrence française ou par la Commission européenne.
- De leur côté, les acquéreurs privilégient Paris, jugé plus accessible et familier du marché, mais quel que soit le régulateur, l’examen devrait durer ≈ 18 mois.
Bref. Il va falloir être patient avant de voir SFR disparaître. Le démantèlement et l’intégration de l’opérateur par ses concurrents s’étaleront sur plusieurs années, avec un horizon pouvant aller jusqu’à 2030.











