Les indices boursiers n'ont pas tenu le coup après l'annonce de la suspension de production de gaz au Qatar

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Publié le
3/3/2026

Ambiance fêtes de Bayonne sur les marchés hier : les grands indices ont basculé dans le rouge et la journée a été une longue gueule de bois.

Dans les faits : À J+4 des frappes américaines en Iran, la guerre s’est étendue : Israël a intensifié ses frappes au Liban, des drones iraniens ont touché l’ambassade américaine à Riyad + un centre pétrolier des Émirats et le bilan est monté à 787 morts côté iranien, 6 côté américain.  

  • Résultat : C’était la panique sur les marchés. Aux États-Unis, le S&P 500 (indice regroupant 500 des plus grandes entreprises américaines) a perdu 1,9%. Le Stoxx Europe 600 (qui regroupe 600 géants européens) a lui dévissé de 3,3%. L’Asie n’a pas fait mieux (-3% pour le Nikkei au Japon).
  • En parallèle, le gaz a décollé (+27% en Europe et +65% en Asie), tout comme le pétrole (+9%), alors que le détroit d’Ormuz, crucial pour le transport de ces énergies, est bloqué.

Comment en est-on arrivé là ? Les analystes parlent d’une “correction” après un premier jour où les marchés ont estimé que la guerre pouvait être contenue. Désormais, ils intègrent la perspective d’une guerre longue, qui désorganise les circuits d’énergie mondiaux.

Les investisseurs ne sont pas rassurés par l’objectif militaire des États-Unis qui reste flou. Lundi soir, le secrétaire d’État américain, M. Rubio, listait “l’éradication des missiles balistiques iraniens” comme but principal. Mais avant, c’était de faire tomber le régime des mollahs, et encore avant, d’éradiquer le programme nucléaire iranien.



Un peu de recul. Si la guerre dure, le scénario noir, pour l’Europe et l’Asie, serait de tomber dans la spirale : hausse des coûts de l’énergie → poussée inflationniste → remontée des taux par les Banques centrales. Emprunter deviendrait alors plus cher, ce qui freinerait la consommation…

  • Les États-Unis, eux, semblent (ironiquement) à l’abri puisqu’ils produisent leur gaz et leur pétrole. Autre cheat code : le dollar sert de monnaie refuge en période de conflit (il a pris près de 1% hier), ce qui soutient leur économie.  

Bref. La durée de cette guerre dépend aussi des stocks de missiles des deux camps. Pour l’instant, l’Iran joue la carte des drones pour mettre le feu à la région. Problème : neutraliser ses drones Shahed-136 à 20 000 dollars avec un missile Patriot à 4 millions, c’est un modèle économique discutable. À ce rythme, la facture peut exploser très vite, sans compter que les stocks de Patriot sont déjà sous pression après les livraisons à l’Ukraine et à Israël…