El Niño menace l'économie mondiale

El Niño, c’est le phénomène météorologique qui a + de 80% de chances de survenir cet été selon l'ONU, qui a alerté sur le sujet hier… et il risque de devenir un problème pour l’économie mondiale.
El quoi ? El Niño se produit de manière épisodique, quand les vents au-dessus du Pacifique sont plus faibles que d’habitude, ce qui réchauffe cet océan et perturbe la météo mondiale, pendant neuf mois en moyenne. La dernière fois qu'El Niño a pointé le bout de son nez, c’était entre 2022 et 2023.
- Flashback. Les températures + chaudes avaient alors notamment causé des pénuries de riz en Inde, relancé une épidémie de dengue, ralenti la circulation dans un canal du Panama trop sec et fait décoller le prix du chocolat. Rien que ça.
Problème : Par-dessus tout, El Niño coûte très cher à l'économie mondiale. Un épisode d’El Niño entre 1997 et 1998 aurait par exemple coûté 5 700 milliards (en croissance potentielle non réalisée) selon une étude scientifique. Et ça, c’était sur une planète moins réchauffée que la nôtre…
- Pour l’instant, on ne sait pas si on va avoir droit à un El Niño standard (environ +0,5°C à la surface de l’océan) ou une version + chargée (+1,5°C). Mais le Centre américain de prédiction météo parie à 67% sur un “Super El Niño”, qui, ajouté au réchauffement climatique, pourrait faire de 2027 l’année la + chaude jamais enregistrée.
Un peu de recul. Grâce aux gains de productivité agricole des dernières décennies, El Niño n’est plus associé à de grandes famines (comme l'épisode de 1877, par exemple). Selon un journaliste du Financial Times, le problème, c’est plutôt que cet épisode arrive à un moment où l'économie mondiale est déjà désorganisée par la guerre en Iran.
- El Niño augmente généralement les pluies en Afrique, et provoque, en parallèle, des sécheresses en Asie. Il risque donc de perturber des récoltes agricoles déjà sous pression à cause de la hausse du coût des engrais liée à la fermeture du détroit d’Ormuz.
Bref. Si vous voulez voir le El Niño à moitié plein, on peut aussi considérer cette arrivée probable comme une sorte de répétition générale pour 2035, voire 2050, quand le changement climatique pourrait rendre les températures aussi élevées que lors d’un épisode El Niño quasi permanent. En tout cas, c’est la théorie défendue par le journaliste climat du New York Times D. Wallace-Wells.











